Qu’est-ce qui se trame derrière le conflit RATP Citymapper ?

Pourquoi Citymapper et la RATP sont t’ils en guerre ouverte ? Histoire d’argent ou service client ? Décryptions ensemble les faits.

Citymapper VS RATP : Petit rappel des faits.

Citymapper c’est plus de 1 000 000 téléchargements sur le play store (Le store Android) et plusieurs awards et distinctions. L’entreprise avait déjà accès aux horaires théoriques de la RATP, mais bute pour avoir droit aux données en temps réel. Elle a donc lancé une pétition pour faire pression sur la RATP. Pour l’instant L’opération marche bien, City-Mapper a eu des articles au Monde, au Figaro, aux Echos et, en deux jours, sa pétition à déjà plus de 10 000 soutiens.

Citymapper logo

Le logo de Citymapper

Viva l’Open Data.

L’open data, c’est le mot à la mode dans le secteur de la tech. Mais c’est quoi ? Derrière ce mot de geek en start-up se cache de nombreuses problématiques techniques et politiques. L’open data, c’est l’ouverture au grand public et aux entreprises des données que l’état possède. En France, le portail officiel est  data.gouv.fr, on y trouve plein de jeux de données plus ou moins intéressant comme la liste des instituts français et de leurs antennes ou la liste des musées de France.

L’open data et les API (Applications Programming Interface. C’est à dire une interface de programmation qui permet de se « brancher » sur une application pour échanger des données) permettent plein d’opportunités, pour les start-up comme pour les grandes entreprises. Avoir accès à ce genre de chiffres permet de créer de nouveaux services plus innovants plus proches des besoins des utilisateurs.

Le mouvement de libération de données n’est d’ailleurs pas réservé à l’état. De nombreuses entreprises, comme par exemple RIOT, Twitter, IMDB ou Tumblr, laissent certaines de leurs données en accès plus ou moins libre pour permettre aux développeurs de créer des nouveaux services. C’est un moyen pour ces entreprises de trouver d’autres usages à leurs données et éventuellement une autre source de revenu.

Le refus de la RATP

Alors pourquoi la RATP refuse de s’y mettre ? Tout d’abord, parce que l’open data a un coût qui peut être très important. Quand il ne s’agit que de simples listes de musées, c’est facile, mais pour d’autre ressources, c’est plus compliqué. Il faut mettre en place des serveurs capable d’envoyer beaucoup de données rapidement et sans trop d’accrocs. Par exemple quand il s’agit de données délivrées en temps réel, les serveurs sont très sollicités. Citymapper aurait fait tomber les serveurs de la RATP il y a deux semaines.

Un autre problème qu’on devine ici est que la RATP ne tiens pas à perdre le contrôle sur ses utilisateurs. Sur son application elle propose des publicités à ses utilisateurs et elle espère créer avec eux une « relation privilégiée ». Garder ses données c’est aussi un bon moyen de garder ses utilisateurs.

« Vous pensez vraiment que cette société lève autant d’argent pour développer simplement le meilleur service d’itinéraires ? Les investisseurs espèrent récupérer des données sur les utilisateurs de ces applications, qu’ils pourront monétiser plus tard et croiser avec d’autres données. Dès lors, pourquoi devrait-on leur céder gratuitement nos propres données ? »
source : http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/04/09/citymapper-cette-start-up-qui-agace-la-ratp

Chacun son métier.

L’application de la RATP est médiocre. Elle est laide, lente et très peu fonctionnelle. Rechercher son itinéraire dessus est trop lent et les pubs viennent parasiter l’utilisation. Pourquoi une entreprise de cette taille présente ce genre d’outils au grand public ? Parce que faire une application requiert un savoir faire particulier, une infrastructure complexe, des tests utilisateurs aboutis. Le savoir faire de la RATP ne se situe pas là. Le savoir faire de la RATP se situe dans sa capacité à faire fonctionner un des réseaux de métro les plus complexe du monde. Dans cette perspective, Citymapper n’est pas un concurrent mais un allié, car les savoirs faire des deux entreprises s’allient pour l’objectif ultime : Servir le client.

Heureusement pour nous les utilisateurs, la RATP n’est pas si fermé sur le sujet qu’on peut le penser, dans un article de blog elle explique d’ailleurs avoir déjà son planning d’ouverture de données.

Ce n’est pas la première fois qu’une application mobilise ses utilisateurs pour faire pression sur une grosse entreprise. Captain train l’avait déjà fait dans le passé avec sucés. Libérer leurs données n’empêche d’ailleurs pas les entreprises de maintenir leurs propres applications, mais au moins les utilisateurs ont le choix et avoir le choix, c’est bien.

Maltion

Laisser un commentaire

Léo & Maltion