Le grand combat contre la connerie

Je tremble un peu en écrivant cet article. J’ai peur de pas être à la hauteur, peur que les mots me trahissent, j’ai peur de passer pour un connard qui en sait plus que tout le monde alors qu’il n’est qu’un pauvre parisien de 22 ans. Mais il le faut. Il le faut parce que je tremblais de rage quand le directeur de mon école profitait des événements tragiques pour nous faire une logorrhée sur la noirceur de l’âme humaine et la surinformation, parce que mon voisin de cours est persuadé que les attentats de janvier était le fruit de notre gouvernement, parce mon petit frère partage des posts pour la légalisation des armes à feu en France. Il me le faut et j’espère que cet article t’aidera, toi aussi, cher lecteur.

Ce que nous avons vécu le vendredi des attentats sont des événements uniques et traumatisants et nous avons tous besoin d’extérioriser ce que nous ressentons. C’est normal, c’est psychologique, nous sommes tous questionnés dans notre identité et ce genre d’événements exceptionnels nous aident à définir qui nous sommes. Politiques, journalistes, profs, artistes, simples étudiants… Participer au deuil national, donner son avis, protester contre l’action militaire, contre le concept même de nation, c’est notre devoir. Comme on est sur Le Webjournal, je vais réagir un peu comme d’habitude, en vous filant des liens de trucs que j’aime bien pour que vous perdiez du temps, avec quelques images et mon style approximatif de bloggeur ératique.

Paris outragée, Paris brisée, Paris martyrisée mais... Paris un peu révoltée contre les attentats, quand même

Paris est si beau

L’ambition de cet article n’est pas de donner des leçons ou des jugements. Le but de cet article est simplement d’allumer une bougie de raison face à l’autel de la connerie que nous sommes tous un peu en train de bâtir.

Sachons prendre un peu de recul, arrêtons un peu d’être cons. Des attentas vont encore avoir lieu, c’est normal d’avoir peur.
A l’heure où j’écris cet article, Bruxelles est sous lock-down, et notre premier ministre lui-même nous dit qu’on va devoir s’habituer à vivre avec le terrorisme. C’est assez logique, dans un monde post-guerre froide où les guerres entre pays sont devenues très difficile, d’exploiter la surinformation pour marquer les esprits avec du sang. Certes, statistiquement ni vous ni moi ne seront dans la liste des prochains morts, mais tout de même, on a le droit d’avoir peur. Quand on se répète qu’on a pas peur pour se donner confiance, c’est probablement qu’on a peur. Ce n’est pas grave d’avoir peur, ce qui est important c’est de la dépasser. Et on la dépasse en continuant à aller en terrasse, à aller à des concerts, à faire des dessins.

C’est notre rôle à tous de combattre l’islamophobie. (50 actes en janvier, déjà plus d’une trentaine depuis le vendredi sanglant)
Le problème n’est pas l’islam, le problème c’est que des gens en manque d’idéal, dans des régions chaotiques ont, du Coran, une lecture haineuse, le problème c’est que nos sociétés ont fabriquées les monstres qui nous attaquent aujourd’hui. Les musulmans de France n’ont rien à voir avec eux et aujourd’hui, beaucoup ont peur et nous devons les soutenir face à la vague de haine qui déferle vers eux.

Arrêtez de diffuser, de partager tout et n’importe quoi. Informez-vous. et bien.

Lisez et lisez bien,  nous vivons dans une époque où même les journalistes ne vérifient pas leurs sources, donc… Surtout, lisez différentes sources et lisez des articles de fond. Essayez de comprendre ce qu’est Daesh et ce que la France est en train de faire en Syrie. Posez-vous des questions, essayez de comprendre les deux cotés de l’histoire. En politique internationale la France n’est pas forcément aussi blanche qu’elle le dit et en politique intérieure, sachez un peu ce que l’état d’urgence implique.

Ayons une pensée pour les nôtres qui sont morts, mais n’oublions pas les autres.

Les caméras sont braquées sur la France, nous sommes français c’est donc assez logique qu’on entende surtout parler des attentats qui ont tué des français. Mais si il faut vous répandre sur vos médias sociaux, ayez aussi une pensée pour les autres événements tragiques qui agitent la planète. Beyrouth, les réfugiés qui ont fui Daesh, les victimes de Boko Haram. Ce que nous avons subi, c’est le quotidien d’autres humains.

On doit tous, à notre niveau, combattre la haine et l’ignorance car c’est ça l’essence profonde du terrorisme.

Je vous laisse avec une musique de Sinsemilia que je trouve beaucoup trop d’actualité en ces heures tragiques

Merci de m’avoir lu.

Maltion.

Laisser un commentaire

Léo & Maltion